10ème jour : de Farmahamna à Longyearbyen

panoramas du jour pour avoir une petite idée des lieux visités : hop - hop - hop

 
Farmahamna 8 H 20 : le ciel est couvert, c'est très beau, le plafond se déchire par endroit nous permettant de voir la montagne et les glaciers guère pentus à l'est.
Vers 10 H, nous débarquons juste sous un campement de trappeur sur la presqu'île qui protège l'anse. Je me suis écarté un peu du groupe pour faire des photos quand tout d'un coup, je prends conscience que je suis au milieu de rochers ou replis de terrain qui pourraient cacher un ours... je rejoins le groupe en jetant un oeil derrière moi régulièrement, pas très rassuré ;o)
Est-ce le fait que le voyage tire à sa fin, mais ce matin, on s'éparpille beaucoup plus que les autres jours...

La presqu'île est presque plate et à part sur quelques petites bosses d'à peine 10 m de hauteur, le sol est la plupart du temps recouvert de mousse, lichen gorgés d'eau (voir les 2 premiers "hop" ci-dessus).
Bord "océan" de la presqu'île, la côte me rappelle les grèves bretonnes et en particulier, léonardes : petits îlots le long de la rive, plages de sable blanc, rochers (même si ce n'est pas du granite).
Nous retournons vers l'intérieur ; là-bas, à contre jour, 2 rennes sont en train de brouter, mais bon apparemment, ce matin, la discipline est vraiment laissée un peu de côté et ils s'en vont au galop alors que nous sommes encore à 250 ou 300 m d'eux, éparpillés sur une grande largeur (euh... je n'étais pas le plus discipliné...). Voir la photo des rennes.

Lors de notre balade d'aujourd'hui, c'est la collecte de souvenirs : on trouve quelques bois de rennes qu'ils perdent tous les ans. Voici celui que j'ai ramassé et que j'ai scié à bord de l'Isbjørn pour pouvoir le ramener dans mon sac.

 
Nous rejoignons le bord et prenons la route en direction de Barentzburg situé dans Grönfjorden, petit fjord latéral de l'Isfjord sur sa rive sud. Cette agglomération entièrement composée de russes et ukrainiens est à proximité immédiate de mines de charbon. En chemin, nous croisons (enfin !!) la route d'une baleine, sans doute un petit rorqual, qui fait, de loin, le tour de l'Isbjørn arrêté. Bernard, en 10 étés au Spitzberg, n'a jamais vu de baleine dans Isfjorden... décidément, notre croisière aura permis des rencontres extra-ordinaires. J'irais bien naviguer dans le Saint-Laurent pour voir des baleines. André me confirme en avoir vues à chacun de ses passages dans le golfe.
16 H, nous sommes pratiquement à Barentzburg : de la mer, on voit des maisons beiges, ocres, vertes, bleues, mais ternes, ternes... beaucoup de noir partout, de la fumée, des camions sur La route. Murielle nous conseille de mettre nos bottes plutôt que nos chaussures pour visiter la ville à cause de la poussière de charbon. La visite m'a laissé une drôle d'impression : notamment, des constructions de la fin des années 80 sont déjà en piteux état, faute d'entretien, des conduites d'eau chaude (ou de vapeur d'eau ?) qui fuient tous les 20 m, et pourtant les listes de candidats pour venir travailler ici 3 ans, non renouvelables, sont longues, longues.

 
Sur une place, trone toujour le buste de Lénine ; certaines facades arborent encore des peintures allégoriques à la gloire des travailleurs ; mais il y a aussi une petite église qui semble récente.
Je ne suis pas allé jusqu'aux étables et autres bâtiments de la ferme assurant une bonne partie des besoins en viande et lait.
Par endroit sur la route, des bouses de vaches attestent que le bétail est sorti de temps en temps...

 
18 H : nous sommes à l'heure au rendez-vous sur la grève pour rejoindre l'Isbjørn... 2 phoques émergent de temps en temps à 30 m environ de la rive.
22 H 20 : ça y est, on est au ralenti à Longyearbyen... le ciel est couvert mais au nord là-bas le soleil brille... Voir cette photo en plus grand
On mouille à 200 m du rivage. Plus tard, dans la soirée, un phoque, curieux, fait le tour du bateau en l'observant constamment...