3ème jour : tour du Kongsfjord et route vers Virgohamna, anse de l'île Danskøya

panorama du jour pour avoir une petite idée des lieux visités : hop

 

Nous ne débarquerons pas à Ny-Ålesund, escale pourtant "obligatoire" pour de nombreux navires. Avant le voyage, je comptais y poster quelques cartes postales dans ce bureau de poste le plus septentrional du monde mais bon, tant pis. Bernard nous explique qu'à Ny-Ålesund (15 à 20 chercheurs en hiver, 250 chercheurs en été), la circulation des touristes est très règlementée et limitée au quai, au chemin pour se rendre à la boutique de souvenirs et à la boutique elle-même, bien sûr , cette zone autorisée étant délimitée par un cable. Cette restriction est dûe au fait que des expériences et autres relevés permanents sont continuellement en cours dans les environs du village (nidification, etc...). C'est sûr que quand les passagers d'un paquebot débarquent en nombre...
Cet après-midi, nous allons visiter sur la rive sud de l'île de Blomstrand en face de Ny-Ålesund, une ancienne carrière de marbre du début du XXème siècle. Cette carrière a été exploitée pendant... 3 ans. On imagine facilement la tête que firent les investisseurs quand on leur annonça que finalement le marbre extrait n'était pas d'une qualité suffisante pour rentabiliser les lourds investissements effectués : terrassement, bâtiment, chaudière, voie ferrée, treuils, grue, etc... et les frais de transport du marbre extrait.

 
Tout ce qui reste de la cuisine : les fondations, un morceau de plancher et le fourneau avec les bouilloire et cafetière toujours à poste. Je ne suis pas sûr que leur emplacement soit d'origine. Au Spitzberg, tout ce qui est antérieur à 1946 est légalement considéré comme faisant partie du patrimoine culturel et ne doit pas être touché.

 
A l'arrière, on aperçoit diverses machines dont une chaudière.
Lors de notre visite, nous apercevrons à 300 ou 400 m au dessus de nous une mère renne et son petit qui, bien qu'il soit presque aussi grand qu'elle, la têtera vigoureusement. C'est très difficile de voir les rennes sur ce terrain et cette végétation, leur pelage se confondant particulièrement bien avec l'environnement.

 
"La" carrière : une excavation de 25 m sur 8 m sur 8 m et je me demande si je ne compte pas trop large. Le prospecteur qui a persuadé les investisseurs anglais d'ouvrir leurs poches pour cette "start-up" n'a sûrement pas été accueilli à bras ouverts à son retour !!
L'histoire de cette carrière est racontée notamment par Jean-Louis ETIENNE dans le chapitre "Rêve d'Eldorado" de son livre "La complainte de l'ours".

 
Lors de notre débarquement, 2 bandes de bernaches nonettes à la démarche "très digne" ma foi, broutaient quelques pousses au-dessus de la grève.
Alors que l'on se dirigeait vers la grève pour rejoindre le bateau, un labbe à longue queue est passé près de nous. On distingue les 2 rectrices centrales très nettement plus longues que les autres plumes.
On aura souvent l'occasion d'assister aux "combats aériens" de ces "pirates des mers et de la toundra" poursuivant et harcelant en vol, les mouettes, sternes, goelands jusqu'à ce que ces derniers leurs cèdent leur prise ou même la régurgitent s'ils l'ont déjà avalée. Alors le labbe (qu'il soit "à longue queue", "parasite") par une acrobatie digne des meilleurs pilotes, récupère la nourriture.
A la fin de notre croisière, avant même de lever les yeux et de voir les 2 oiseaux, nous devinions ce qui se passait en entendant les cris plaintifs de l'oiseau poursuivi. Je n'ai vu qu'une fois ou deux, le labbe abandonner la poursuite sans réussir sa rapine.
Nous levons l'ancre vers 16 H à destination de Magdalenefjorden que nous devrions atteindre vers 23 H ; ça roule un peu.
En fait, nous avons poursuivi jusqu'à Virgohamna sur Danskøya (île des danois) mais... je dormais...