8ème jour : de Magdalenefjorden à Krossfjorden

panorama du jour pour avoir une petite idée des lieux visités : hop

 
8 H 06, surprise ce matin : la goëlette Noorderlicht a mouillé cette nuit à une cinquantaine de mètres de l'Isbjørn. Il y a 2 ans, je m'étais renseigné pour une croisière éventuelle à son bord mais ayant évoqué mes petites difficultés articulaires, l'agence m'avait déconseillé ce choix. A première vue, le franc-bord parait bien plus haut sur la goëlette et l'annexe est un pneumatique. L'annexe de l'Isbjørn en aluminium nous donne une base stable pour monter à bord et le transfert était vraiment facile.
De plus, au Spitzberg, les voiliers naviguent beaucoup plus au moteur qu'à la voile, faute de vent ; et quand il y a du vent, il y en a beaucoup...
 
Ce matin, j'ai assisté au démarrage du moteur. Comme la coque, le moteur date de 1954 : c'est un 3 cylindres, 2 temps, 14 tonnes, 200 cv pour un bateau de 200 tonnes, qui démarre à l'air comprimé. en plus de celui-ci, il y a 2 groupes électrogènes dont un, très bien insonorisé qui est mis en route aux escales.
9 H 30, nous partons pour une balade sur un glacier au fond de la Baie de la Madeleine et j'emporte mes 2 bâtons. Un phoque annelé en équilibre sur un glaçon plonge à notre approche. A cette heure, l'eau plate, la glace, la lumière matinale génèrent de très beau contrastes et reflets.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Nous aborbons la rive sur de très gros galets et derrière, c'est du sable puis la moraine où nous progressons facilement à part les petits ruisseaux pas toujours aisés à franchir.
Nous arrivons enfin sur la petite langue glaciaire au nord du Waggonwaybreen où nous progressons... prudemment. Ce n'est pas que ça glissait un peu... ça glissait beaucoup.

 
Apparemment, la glace était nettement plus gelée que prévue. D'habitude, quand Murielle y amène les passagers de l'Isbjørn, il y a une petite couche de glace fondue où les crampons des chaussures de randonnée ou des bottes sont efficaces. Ce matin, c'est l'exception qui confirme la règle.
J'étais bien content d'avoir mes 2 bâtons qui m'ont permis de corriger mon équilibre compromis à 2 ou 3 reprises. A 11 H 30 j'enregistre sur mon dictaphone "..nous sommes sur le glacier... [rires]... ça glisse pas mal...".

 
Finalement, tout se passera bien pour tout le monde et nous nous retrouvons sur la grève à attendre André et l'annexe.
Les growlers échoués, les gros rochers ronds, les reflets des montagnes et des glaciers, qu'est-ce que c'est beau !!
Le marnage n'est pas très important ici : plus ou moins 1 m mais dans une anse créée par une langue de moraine, tout un ensemble de growlers plus ou moins gros (ou fondus) sont échoués sur le sable. En plus de la marée, il y a aussi les vagues générées par la chute des séracs qui les poussent en haut des grèves.
Nous rejoignons le bord vers 13 H et appareillerons pendant le déjeuner à destination du glacier du 14 juillet dans Krossfjorden (et accessoirement... de la page suivante).